Dernière tentative de Romilio Roil pour s’adapter à la nouvelle
ère industrielle, le Roto-volanto, grâce à un procédé
complexe, était capable de voler durant quelques minutes et à
des hauteurs considérables. Le processus s’enclenchait quand le
gasoil contenu dans sa partie inférieure commençait à
se consumer. Il suffisait alors de lui appuyer sur le nez. Roto-volanto
ouvrait sa bouche métallique, crachait une petite flamme de décompression,
et prenait son envol. Les enfants le suivaient en courant dans les
jardins et les rues de leurs quartiers, jusqu’à ce qu’il redescende
sur terre. Et cela pouvait les occuper des après-midi entières.
Il faut reconnaître que Romilio Roil n’était pas très
doué pour l’aéronautique. Roto-volanto perdait souvent
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l’équilibre en plein vol, et venait se cogner contre les fenêtres
et les arbres. Mais les vrais problèmes commencèrent plus
tard : après quelques mois d’utilisation, la combustion devenait
trop importante, et Roto-volanto lançait des flammes sans prévenir.
Beaucoup d’enfants en firent les frais, et l’histoire se termina pour eux
avec des cheveux roussis. On se souvient aussi d’oncles et de pères,
pris dans des courses folles à travers les maisons, le pantalon
en feu, une traînée de fumée derrière eux.. |
Les plus méchants des enfants l’utilisaient pour menacer les
autres quand ils ne les laissaient pas gagner une partie d’échecs,
ou prendre le meilleur poste dans l’équipe de football. En peu de
temps, la panique se répandit et le malheureux jouet souleva une
grande vague de protestation. Des ligues de mères de famille et
de maîtres d’école (autres infortunées victimes du
Roto-volanto) organisèrent des manifestations et signèrent
des pétitions dans les journaux. Romilio dut retirer le jouet de
la vente. Et il passa de longues années à se repentir de
l’avoir créé.
Roto-volanto est tout bêtement un jouet qui a manqué de
chance.
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